Théorie et beauté

Je pense que chaque chose dans ce monde repose sur une certaine théorie.

Et cela s’applique également à la démarche en talons hauts : marcher sans aucune notion de ce qu’implique le port d’une belle paire de talons conduit à un résultat opposé à celui que l’on espérait.

Dès la première étape de mon programme, je demande à mes clientes de contrôler la distance de leurs pas, d’apprendre à transformer cette force en énergie dans le haut et le bas du corps et d’établir leur axe corporel avec la jambe avant.


Or l’objectif final est de marcher en faisant avancer le corps grâce à la jambe qui est à l’arrière.

Dans mes leçons, je prends l’exemple d’une voiture, car la différence entre propulsion et traction est précisément la même pour le corps humain.

Comme l’indique son nom, dans la propulsion, les roues à l’arrière tournent en fournissant l’énergie alors que celles à l’avant ne sont pas en mouvement par elles-mêmes.

Le désavantage de la propulsion est qu’elle laisse moins de place à l’habitacle, mais c’est ce modèle qui est employé pour les voitures de sport ou de standing.


Si l’habitacle d’une voiture à traction offrira plus d’espace, le moteur sera toutefois moins puissant. La traction est souvent employée dans les automobiles peu coûteuses.

Or ces différences se retrouvent exactement chez les femmes lorsqu’elles marchent.
Nombreuses sont en effet celles qui marchent sans trop y faire attention et en utilisant la jambe à l’avant.

Elles gaspillent de cette façon leur énergie et la beauté est absente de leur démarche.


En principe, c’est la jambe à l’arrière qui va faire avancer le corps et par là donner à la démarche le plus de beauté, comme pour les voitures.

Afin de propulser le corps à partir de la jambe arrière, il est d’abord nécessaire de faire porter le poids corporel en entier sur le thénar du pied de cette jambe.

Ensuite, il faut fournir la plus grande force en recourant aux muscles entre le dessus du genou et la naissance de la cuisse.



Voilà pourquoi ce n’est pas simplement parce qu’une femme marche en talons hauts qu’elle fait preuve d’élégance : cela exige en réalité un véritable travail.

Je peux immédiatement savoir en regardant l’espacement des cuisses d’une femme, en tant qu’il manifeste le développement de sa musculature, si celle-ci marche correctement ou non.

L’absence d’un resserrement dans le haut des cuisses depuis les genoux signifie que la démarche n’est pas parfaitement exécutée.


Marcher en employant l’axe de la jambe arrière force en effet à utiliser au maximum la musculature interne de sa cuisse.

C’est pour en arriver là que j’établis d’abord à fond l’axe de la jambe à l’avant.

Mais cela prend du temps de corriger la mauvaise habitude que l’on a prise pendant des dizaines d’années de marcher en s’appuyant uniquement sur la jambe avant.

Ce mouvement est en effet profondément programmé aussi bien dans le cerveau que dans le corps qui, trop longtemps, se sont mécaniquement reposés sur la jambe à l’avant pour tracter le corps.


Il s’agit donc de se défaire de cet automatisme pour permettre à la jambe arrière de reprendre le rôle de moteur dans la démarche, qui devient donc propulsive, et de donner à la jambe avant la fonction de pivot.

Dans notre monde où toute chose combine théories et lois, les beaux talons hauts ne font pas exception : eux aussi sont soumis à certaines lois.

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