Pourquoi est-ce que je n’arrive pas à marcher en talons hauts ?

Cette année, on entend beaucoup le mot « Canicule ! » aux informations et à la radio.

Si l’on parle de canicule, c’est que les températures sont assez élevées pour qu’il soit nécessaire de lancer une alerte. En effet, plusieurs jours à 36°C ou 37°C se sont succédés.

Mais la vie continue sous cette chape de plomb et comme, en général, les maisons ne possèdent pas d’air conditionné, seuls les ventilateurs et les douches aident à supporter cette période.

S’il est vrai que, contrairement au Japon, le taux d’humidité en France est bas et que la sensation de chaud y est moins pénible, une canicule reste une canicule.


L’été parisien est devenu de plus en plus chaud ces dernières années.

Même si l’on annonce au moment d’écrire ces lignes que les températures baisseront prochainement, j’envisage d’acheter un climatiseur si de tels épisodes caniculaires devaient se reproduire.

Cela malgré ma réticence, car je trouve que son installation défigure la beauté d’un appartement ou d’un bâtiment.

Néanmoins, ces chaleurs ont aussi été pour moi l’occasion d’une découverte extrêmement importante.


Le mois dernier, j’ai acheté une paire de Louboutin beige chocolat.
Sous l’effet de la chaleur, je m’attendais à avoir des difficultés à les porter puisque mes pieds allaient enfler de même que le corps en général.

Or contrairement à toute attente et le gonflement dû au chaud, mes nouvelles chaussures se sont facilement moulées à la largeur de mes pieds et, comme par miracle, j’ai pu les enfiler sans éprouver de serrement même pendant les leçons.


Je croyais d’abord qu’il me faudrait passer par une période pénible de six mois jusqu’à ce que la plante de mes pieds s’élargisse suffisamment, ainsi qu’il l’a fallu pour mes autres paires de Louboutin successives.

Mais à ma très grande surprise donc, cela n’a pas été nécessaire car elle a tout de suite pris la bonne largeur.

Le cuir est une matière vivante ainsi que les chaussures.
On ne sait jamais vraiment à quoi s’attendre au moment d’acheter une paire de souliers.


Chez un même créateur, chaque paire peut être différente et il faut commencer par l’essayer pour savoir comment le cuir va s’adapter.

Et ce moment de l’essai est en soi une sorte d’aventure.
Cela serait particulièrement vrai pour une paire de Louboutin.

Néanmoins la mienne qui a donc passé l’épreuve de la canicule se confronte maintenant au dernier test, à savoir celui de la période avant et pendant la menstruation.


Le mois dernier, mes pieds avaient tellement enflé à ce moment qu’ils n’entraient plus dans mes talons hauts.

Puisque je ne sais pas d’une fois à l’autre comment mon corps réagira, j’évite de porter pour sortir mes Louboutin jaunes qui sont assez larges et je les garde de côté pour les cas urgence, si mes pieds devaient vraiment trop enfler.

Mais si le présent test s’avère réussi, je pourrai commencer à les mettre également à l’extérieur durant l’été.


Les idées préconçues sur les talons hauts sont nombreuses autour de nous.

Il est fréquent qu’une femme n’ayant pas autant l’habitude que moi de porter ce type de souliers s’exclame en les enfilant, même qu’un tout petit peu : « Je savais qu’ils me feraient mal aux hanches », ou après avoir marché avec eux : « Voilà, mes pieds me font mal maintenant ».

Pour utiliser une image, ce serait comme si quelqu’un ignorant tout du saut à ski se présentait aux Jeux Olympiques avec l’idée de remporter la médaille d’or, et finissait par chuter à la réception et se blesser.


Si cela devait arriver, je ne crois pas qu’on trouverait des gens pour dire que le saut à ski est trop dangereux.

La faute serait mise sur le manque de connaissances, de technique et d’entraînement.
Mais n’en va-t-il pas de même pour le fait de marcher en talons hauts ?

L’une des choses à absolument éviter avec ces chaussures est de poser le pied au sol à partir du talon.

Car si vous le faites, le genou aura facilement tendance à se plier au moment du contact, ce qui vous empêchera de transférer le poids du corps sur le thénar du pied.

Le genou va ensuite fléchir en même temps que votre équilibre déviera vers l’extérieur en perdant son axe.


Il devient de cette façon impossible d’employer la musculature interne et d’étirer au maximum ses abdominaux.

Si utiliser les muscles extérieurs plutôt que les muscles intérieurs est une cause des jambes arquées, c’est néanmoins dans l’action ne pas porter le poids corporel en premier lieu sur le thénar du pied que réside la cause première.

On voit parfois des femmes qui posent leur pied au sol à partir du talon sans pour autant que leur genou ne se plie, mais le choc est alors si important qu’il remonte directement aux hanches.

Rien d’étonnant dans ce cas à ce que celles-ci deviennent douloureuses.

En outre, lorsque l’on pose de cette façon le pied sans plier le genou, une force extrêmement importante est exercée sur le talon de la chaussure et va l’endommager.


Pendant un cours pratique donné à une cliente travaillant comme consultante, je voulais lui montrer quelle est la mauvaise méthode pour entrer en contact avec le sol.

Mes Louboutin beige chocolat ont certes tenu le coup, mais poser ainsi le pied à partir du talon m’a vraiment fait mal au cœur pour elles.

J’ai aussi ressenti à ce moment combien il est terrible que beaucoup trop de femmes marchent en talons hauts de cette manière.

Quoique je n’aie fait que quelques pas pour ma démonstration (je respecte mes talons de même façon que je respecte mes clientes), la force qu’il m’a fallu mettre dans la région extérieure des mollets a été suffisante pour que je ressente une douleur et perde mon équilibre, puisque je pouvais plus assurer le pivot de la démarche.

Mais pour le bien de ma cliente, je n’avais pas d’autre choix que d’accomplir ma démonstration en m’excusant auprès de mes Louboutin aux talons si fins pour la pression considérable que je leur infligeais au moment de heurter le sol.


Essayez de vous représenter la chose suivante.

Quand on pose le pied avec le talon de la chaussure, il n’est plus possible de l’aligner verticalement avec le sol et il se crée un angle néfaste entre les deux.

Évidemment, le talon court alors le risque de se briser, mais comment plus généralement maintenir son équilibre dans cette position ?

Tout le mouvement étant dépourvu d’un point d’appui stable et puisque seule la musculature périphérique est employée, cette manière de marcher en talons hauts perd son pivot et par conséquent aussi son élégance.

Je me demande toujours de quel genre de sensibilité fait preuve une personne marchant d’une telle façon sans se rendre compte de rien et sans percevoir le manque d’harmonie de sa démarche.


Les femmes qui se disent qu’elles ne savent pas marcher en talons hauts commettent une grande erreur au niveau de la langue.

Le problème n’est pas qu’elles ne savent pas marcher, mais seulement qu’elles ignorent la bonne façon de marcher en talons hauts.

Et quand on ne connaît pas quelque chose, il est bon de s’instruire. Il suffit de ce simple effort pour devenir capable d’apporter une réponse au problème.

Si l’on comprend ensuite sur quel élément précis il faut se concentrer, on saura où appliquer ses efforts efficacement.


C’est en somme simple.

Quand on ne sait pas, pourquoi ne pas se lancer le défi d’apprendre ?

Et quand on relève ce défi, pourquoi ne pas s’y investir de son mieux ?

Si un obstacle devait se présenter, alors on y réfléchira en temps voulu.Sans tourner en rond, il faut prendre sa vie entre ses mains pour éviter que ne se ferment de nouvelles possibilités.


Comprenant qu’elle a été mystifiée par des idées préconçues, la femme curieuse de savoir frappera à la porte de la véritable philosophie des talons hauts dans laquelle esprit et corps travaillent ensemble.

Alors, ainsi que l’on fait mes clientes qui sont passées par cette porte, elle éprouvera une gratitude nouvelle envers sa vie de femme.


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