L’art de vivre élégamment

Je voudrais vous parler d’un sentiment qui ne me quitte pas lorsque je porte mon manteau rouge de chez Givenchy.

Il serait banal de dire que la valeur de ce manteau dépasse largement ce que j’y ai investi.


Ce dont je me suis rendue compte, c’est en fait que la présence que j’essaie de dégager n’est pas encore arrivée à maturité par rapport à l’aura qu’il fait flotter à son passage.

D’un autre côté, il est vrai que cela m’encourage à faire des efforts sur moi-même afin de pouvoir porter au quotidien ce magnifique vêtement dont la beauté a ravi mon âme.

Et cela me conduit à élever un peu plus l’horizon de mon existence.


On peut facilement dire la même chose à propos des talons hauts.

Dans leur univers, une des prémisses nécessaires pour qu’une femme en quête de beauté s’épanouisse dans une élégance véritable est qu’elle veille à ne pas tout miser sur ses souliers, aussi exceptionnels soient-ils.

L’important pour elle sera au contraire de se situer dans une relation où les deux termes conservent leur indépendance, dans un rapport d’égal à égal.


Si je porte des choses, tels mon manteau rouge ou mes Louboutin, qui se rapprochent d’œuvres d’art en m’imaginant qu’elles m’embelliront, alors je suis dans un état de dépendance.

Dans une telle façon de penser, l’élégance se juge uniquement à la qualité des parures.

Or peu importe la valeur de ce qu’on a sur le dos ou aux pieds, cela ne suffira jamais à faire naître une beauté tangible.


Sans chercher à vouloir soi-même se hisser au niveau auquel se situent de telles choses, une relation entre égaux ne pourra jamais s’établir.

Assujetti, on restera toujours un ou plusieurs crans au-dessous.


N’est-ce pas la même chose dans les rapports homme-femme ?


Il y a comme une loi de l’existence humaine, selon laquelle l’un des deux partenaires, mariés ou non, doit être dépendant vis-à-vis de l’autre, ou alors qu’ils soient mutuellement dépendants l’un de l’autre.

On tombe ici dans une spirale où quelqu’un doit perdre. Dans tous les types de relations, aux personnes ou aux choses, la dépendance est ce qui met le plus en danger notre existence.

La difficulté, pour celui qui est dépendant, est toutefois de parvenir à prendre conscience de cet état.


Or cette prise de conscience est vitale.


Espérer que quelqu’un nous serve de protecteur dans la vie est une attitude extrêmement périlleuse.

Il est primordial d’être capable, par ses propres moyens, d’assurer son existence et de protéger les choses qui la tissent.

Voilà pourquoi, afin d’arrêter de se mettre soi-même des bâtons dans les roues, on cherchera à élever notre propre niveau d’implication dans ce que nous faisons.

Cette capacité peut, selon les nécessités, nous fournir tantôt un bouclier d’airain, tantôt une lame.


Que ce soit bien sûr les personnes qui prennent des leçons avec moi, celles qui font du coaching ou celles qui maintenant volent de leurs propres ailes, elles ont toutes en main de tels atouts.

Je ne me permets pas d’enseigner comment il faudrait faire pour accéder à un niveau de vie plus intense, plus conforme à son image.

Pourtant, je remarque avec le temps chez mes clientes qu’elles dégagent plus d’amour et une énergie plus radieuse, comme si elles venaient aussi pour du coaching.

Et ainsi que je l’ai dit juste avant, cela leur fournit aussi bien un bouclier qu’une arme dans les différents moments de leur vie.


L’indispensable dans la lutte qu’est aussi notre existence, ce ne sont pas, malgré l’image que j’emploie, de véritables armes ou la violence, mais ce bouclier et cette lame que sont l’amour et une sublime énergie.


La « force », ce n’est pas ce qui permet de l’emporter sur autrui, ni de prendre l’avantage sur lui en haussant la voix : c’est être capable d’accomplir son propre mode de vie sans être emporté dans les méandres du monde qui nous entoure.


La « beauté » n’a rien de superficiel.

Elle au contraire une énergie sublime, ce qui dirige toutes les choses de ce monde.

Après être passée par toutes sortes d’épreuves, par ces moments de lumière ou d’obscurité qui jalonnent nos vies, j’ai réalisé il n’y a pas longtemps que, à travers le coaching, ma mission était de transmettre un art de vivre qui passe par les talons hauts.


Quand la technique en talons hauts est parfaitement exécutée par une femme active qui rayonne de confiance en elle, ne devient-elle pas un art de vivre plein de dignité et de beauté ?

C’est pourquoi j’ai pensé, en me fiant à ce que me suggérait mon âme non sans raison, arrêter mes leçons pour me consacrer au coaching.


Cependant, un événement m’a finalement retenue d’aller dans cette direction : les attentats.

Si, demain, moi aussi je devais m’évanouir de ce monde, il ne resterait plus rien de la philosophie des talons hauts que j’ai élaborée.

Or c’est moi que les talons hauts ont le plus gâtée par leurs bienfaits, et il serait regrettable que je m’éclipse sans en avoir suffisamment transmis à d’autres.

Telle est l’idée qui m’anime aujourd’hui.


Je m’efforce de transmettre encore un peu plus de ce que j’ai en moi, aussi parce que cela me réjouit intérieurement.

La musique est un coach extraordinaire, car elle a la capacité de mettre en action les individus et de les faire progresser, cela à un degré que je ne m’imaginais pas – c’est en du moins mon expérience personnelle.


Quand on aime vraiment une certaine musique, rien que de penser qu’une telle chose puisse exister dans ce monde nous emplit d’émotions et nous donne envie de nous élever à sa hauteur, à la même intensité qu’où se joue cette musique.

C’est avec ce genre de pensées que deux semaines se sont écoulées. Tout est une question d’énergie.


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