Puissance en marche

Un soir, un grand bouquet à l’agréable parfum entre les bras, je marchais dans la rue en face de notre appartement en écoutant l’opéra de Roméo et Juliette.


A ce moment, je ressentais une joie inconditionnelle.


Cette rue, juste chez moi, était pour moi la plus belle de toutes celles de Paris. Je me disais toutefois que si ma rue n’était pas aussi jolie, je ne l’aimerais pas à ce point. Voilà pourquoi la beauté des choses a son importance. Je peux vivre dans un appartement que j’aime, et lorsque je sors, retrouver ma rue préférée, et m’imprégner alors entièrement de l’esprit de Paris que j’adore.


Tout cela, j’en jouis aujourd’hui parce que j’ai toujours suivi le chemin que je pensais être le mien, et je compte bien ne jamais me détourner de cette façon de vivre. Aimer sa propre existence, c’est vivre chaque instant de tout son être, aimer chacun de ses instants. Dès ce moment, les choses que l’on aime viennent à nous, naturellement, sans que l’on y prenne garde, en nous enveloppant dans l’énergie sublime de l’amour. Nous cessons de nous égarer dans le monde qui nous entoure, et il devient possible de mener l’existence à laquelle nous aspirons.


Une cliente de mes leçons de coaching, à qui j’ai fait la démonstration d’un mauvais exemple, a noté ses impressions à propos de cette expérience. Elle parle de la nécessité de voir par soi-même un tel exemple pour juger de ce qui ne convient pas.


« Pendant notre cours de coaching en talons hauts, mon professeur Asami m’a montré un mauvais exemple de démarche, et comme tout le monde le dit, l’aura qu’elle dégage d’habitude s’est instantanément évanouie. En somme, Asami s’est comme transformée en une autre personne. Dans le cadre de la leçon, cette mauvaise façon de marcher m’est apparue pour ce qu’elle était, mais avant de commencer ces cours, je n’y prêtais pas attention. »


En général, lorsque j’utilise pendant une leçon un de ces mauvais exemples qui enlaidissent la démarche, mes clientes ne manquent jamais, sans exagération, de ressentir un choc. En fait, au moment où elles constatent par leurs propres yeux qu’une légère différence, par exemple dans l’inclinaison du talon ou la position de la tête et du dos, influence directement l’élégance, ou que la manière de mouvoir le pied embellit toute la démarche, c’est un véritable détonateur qui agit sur mes clientes.


Le choc ressenti est tel qu’il devient le meilleur remède pour qu’elles se mettent à se soucier de leur maintien synonyme de beauté. Il n’y a donc rien de magique ou d’étrange à ce qu’une cliente, stupéfaite, comprenne tout à coup pourquoi il faut corriger telle position précise du corps ou utilisation de la musculature.


C’est tout simplement parce que ce qu’elle voit est dénué de beauté.


Il suffit d’exposer pratiquement l’erreur pour que chacune puisse saisir ce qui ne convient pas. Mais il n’est pas dans mes habitudes d’en rester à cela. En tant que coach, je dois aller plus loin, c’est-à-dire enseigner comment corriger le maintien du corps et guider les clientes vers les mouvements corrects. Et pour cela, je peux me reposer sur ma grande expérience en la matière.


C’est comme un secret, que je révèle petit à petit.


Les femmes qui viennent me consulter apprennent, quand elles sont arrivées à percevoir ce qui n’est pas élégant dans leur manière d’utiliser leur corps, à rectifier celle-ci. Elles vont ainsi acquérir la capacité nécessaire pour effectuer les bons mouvements et se tenir de la façon la plus gracieuse. Dès lors, je voudrais que même celles qui ne cherchent pas à devenir des spécialistes comprennent l’importance de savoir comment fonctionne le corps pour marcher en talons hauts, mais aussi qu’il y a là une profondeur qu’un cours théorique ne fait qu’effleurer.


Nombre de clientes de mon coaching disent que si la connaissance est l’affaire de la tête, c’est en chaussant effectivement des talons durant les leçons qu’elles parviennent à assimiler la capacité de contrôler leur corps, et que pour cette raison elles sont heureuses d’être venues me trouver.


C’est d’ailleurs de cela que parle l’un d’elles dans un post récent sur son blog.


Ainsi que j’y avais fait référence sur mon compte officiel Facebook, j’ai posté sur Instagram au début de cette année une vidéo où l’on me voit en train de marcher.



Pour la première fois, j’ai utilisé au début de cette année une vidéo, à la place du miroir, afin de vérifier ma démarche et mon maintien, mais quel choc cela a été. Vraiment, ce que j’ai vu était effrayant. En fait, quelque chose me gênait ces derniers temps pendant les exercices à pieds nus et je voulais, en me filmant, trouver ce qui n’allait pas. Et sans exagérer, ma démarche était disgracieuse.


Mais la raison à cela est en soi évidente, puisque en plus de ne pas avoir été au meilleur de ma condition physique, j’ai passé le Réveillon à Monaco. Je n’ai donc pas pu consacrer le temps et la concentration nécessaires à mes exercices. De dos, le rendu de la démarche était terrible, et l’épaule droite complètement relâchée ; avec l’effondrement de mon maintien, tout cela avait vraiment de quoi choquer.


Une voix me disait de simplement de remonter l’épaule droite pour corriger la posture, mais cela n’est en fait pas une solution radicale. Le problème ne se limitait en réalité pas à l’épaule droite, car les positions des deux omoplates étaient clairement différentes. Cela signifiait que la cause fondamentale provenait de ce que, inconsciemment, je ne relevais plus les abdominaux droits.


Le corps formant une unité, il est vain de se concentrer seulement ce qui apparaît en surface. Si l’on ne va pas au fond du problème, celui-ci va se transformer avec le temps en une mauvaise habitude et devenir la source de véritables troubles. Or ce qu’il y a ici d’intéressant, c’est qu’une fois le problème localisé et les abdominaux droits redressés, mon effort s’est porté jusqu’aux muscles intérieurs de la cuisse droite.


Quoi que, selon les apparences, on puisse croire que les épaules et les cuisses n’entretiennent aucun rapport, elles sont liées par une relation forte dans l’unité qu’est le corps. Voilà ce qui forme la base théorique d’ « Asami Paris », le fondement de ma philosophie.


Suffisamment surprise par la vidéo que j’ai prise de moi en train de marcher, je me suis juré de renouveler l’expérience plus d’une fois afin d’observer objectivement ma démarche. Le spectacle de moi-même marchant d’une manière disgracieuse m’oblige à faire face à la réalité et, surtout, à m’améliorer. J’ai beau me soucier jour après jour de ma démarche, une telle chose peut toujours se produire.


Que penser alors des femmes qui n’ont pas cette attention scrupuleuse à leur démarche. Si elles ne peuvent pas se représenter leur apparence en marchant, elles resteront aussi tout à fait incapables de comprendre ce qu’elles font faux. Je vous recommande donc vivement de filmer, en restant naturelle, votre démarche grâce à votre téléphone pour constater, dans les faits, à quoi elle ressemble.


Dans le cas de la vidéo ci-dessus, je me suis d’abord concentrée cinq minutes sur des exercices avant de me filmer, même si le résultat est encore loin de me satisfaire complètement. En conclusion, tant que nous ne sommes pas confrontées directement à notre propre apparence, nous ne nous tenons même pas au départ du chemin qui mène à « vivre avec élégance ».

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